le réalisme sentimental (1880 - 1893)

les années 20

 
 

le symbolisme (1894 - 1899)

les années 30

 
 

l'intimisme (1900-1914)

la postérité

 

Gerberoy

Le Dimanche

Deux jeunes filles

Béguinage avec vieilles femmes, Bruges

Soleil couchant sur les maisons


LE SYMBOLISME (1894-1999)

En 1894, pris du désir de renouer avec le milieu artistique, Le Sidaner abandonne sa retraite pour revenir à Paris. La capitale est alors le théâtre d'une intense agitation artistique. La grande majorité des créateurs indépendants sont apparentés au mouvement symboliste. L'amour du style, de toutes les sensations raffinées, l'adoration de la grande musique, la passion des lectures et de la poésie, le goût de l'abstraction, des rêveries et des paradoxes, l'aversion du naturalisme, le mépris des railleries des critiques officiels, le prestige du mot indépendant et surtout la passion exclusive pour tous les beaux-arts, sont les signes de cette période fascinante qui verra éclore les productions les plus diverses et doit surtout son unité à l'esprit poétique qui l'habite. Dans ce Paris des lettres et des arts, le peintre achève de former sa personnalité. En cela Le Sidaner est pleinement un artiste de la génération symboliste.

« Il cherchait depuis quelque temps, écrit Mauclair, l'expression traduite par une technique spéciale de l'enveloppe des choses, la suggestion de leur sentiment plutôt que leur représentation elle-même. » Le Sidaner commence à s'intéresser aux lumières crépusculaires. On ne s'étonnera pas qu'un esprit rêveur soit ainsi attentif aux heures intermédiaires qui ont séduit tant d’artistes de la génération symboliste. A l'écoute des sirènes de l'avant-garde, Le Sidaner reste lui-même et progresse pas à pas.

« Veinard, tu es à Bruges » lui écrit son ami Henri Martin. La découverte de ce sanctuaire du symbolisme, où il se rend sur le conseil de Mauclair est pour lui un événement capital qui vient marquer son destin. La perception qu'a Le Sidaner du silence et du mystère de Bruges se communique à sa peinture et épanouit le recueillement exprimé dans les œuvres antérieures. C'est là qu'il commence d'être tout à fait lui-même.

« Le Sidaner aime l’apaisement, la religiosité, la belle ordonnance des choses nocturnes, et les arbres qui pleurent dans l’ombre et les lointaines futaies qui s’enfoncent en droites colonnades dans la nuit comme des avenues du temple du silence » (Paul Riff)